Pierre Roch Jurien de la Gravière

 

 

"Né à Gannat, en Bourbonnais, le 5 janvier 1772, dans une de ces provinces de l'intérieur où jamais le flot de mars ne s'est fait sentir, je ne semblais point destiné à servir sur les vaisseaux du roi." Ainsi commencent les mémoires de Pierre Roch Jurien de la Gravière. Inutile de chercher son nom sur un plan de sa ville natale. Il n'y en a hélas pas. Si Brest lui a octroyé cet honneur, c'est sans doute la Marine nationale qui lui a rendu le plus bel hommage en baptisant un de ses bâtiments de son nom.

Certes, l'enfant du pays n'est resté qu'une dizaine d'années à Gannat et sa vie qui l'a conduit sur toutes les mers du globe, ou presque, ne lui a pas donné l'occasion d'un retl'Astrolabeet de our au "pays" natal. Cependant, ses racines sont ici. Son père, Jean Pierre Jurien des Varennes est Riomois et sa mère, Catherine-Procule Delaire, Gannatoise. Ce sont des revers de fortune qui obligent ses parents à partir refaire leur vie à Rochefort, expliquant ainsi la carrière maritime du jeune de la Gravière. Et là encore, quelle carrière ! 

Comme les généraux Rabusson et Sauret, c'est la période révolutionnaire qui favorise l'ascension hiérarchique du marin bourbonnais. Même s'il fallut d'abord pour cela convaincre un père meurtri par la mort d'un de ses enfants engagé volontaire dans la marine royale. Le jeune homme y parvient tout de même et embarque en 1786 à bord de la corvette La Favorite. Le jeune novice pilotin n'est alors âgé que de 14 ans ! Dois-je rappeler l'aphorisme cicéronien déjà employé pour le général Rabusson engagé au même âge ? Quoi qu'il en soit, voilà le début d'une longue et fructueuse vie menée sur les flots océaniques.

On retrouve ainsi notre jeune marin en 1791 à bord de l'Espérance, l'un des navires qui, avec La Recherche, est parti sous les ordres de l'amiral d'Entrecasteaux à la recherche de l'expédition La Pérouse. Depuis trois ans, en effet, la Cour était restée sans nouvelles de la Boussole et de l'Astrolabe. Certains prétendent même que le 21 janvier 1793, à l'ombre du terrible instrument du docteur Guillotin, Louis XVI se serait enqui une ultime fois de ces scientifiques et marins partis à l'autre bout du monde... A l'autre bout du monde justement, en ce même mois de janvier, Jurien de la Gravière était promu enseigne de vaisseau.

 

 

Plus tard, en 1802, la tourmente révolutionnaire agite la lointaine Saint Domingue. Le Premier Consul, Bonaparte, tint à y rétablir "l'ordre de la métropole". Un corps expéditionnaire auquel Jurien de la Gravière participe est envoyé dans les Antilles. Il est alors commandant de la Mignonne. Et même s'il porte un regard critique sur la sauvagerie dont font preuves les troupes métropolitaines, son action lors de l'appui de la garnison de la ville de Léogane lui vaut d'être promu capitaine de vaisseau puis officier de la Légion d'honneur le 14 juin 1804. Malheureusement, cela n'empêche pas la prise de la Mignonne par la Royal Navy. L'officier est alors emmené en Angleterre. Qu'importe, l'heure de la revanche devait sonner quelques années plus tard.

A suivre...

Crédit iconographique : 

Photo du Jurien-de-la-Gravière : www.navires-14-18.com

Tableau de La Recherche et de l'Espérance : www.laperouse-france.fr

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