Pierre Roch Jurien de la Gravière - 3

Après une longue semaine d'attente, nous voilà donc au dénouement de la bataille des Sables d'Olonne. Nous avons laissé, je le rappelle, le commandant de la frégate abasourdi par un valet que les artilleurs du Defiance venaient de tirer. Pourtant, bien qu'en infériorité numérique, face à six navires britanniques plus lourdement armés et après une lutte acharnée Jurien de la Gravière se souvient du retentissement de victoire qui ébranla la Créole : ""Le vaisseau est rendu ! Le vaisseau vient d'amener!" Nos acclamations trouvèrent de l'écho à bord de la Concorde et de la Revanche, et on dut les entendre au loin dans la campagne." Certes nos navires s'en sortirent en piteux état. Certains auront beau jeu de dire qu'il s'agissait d'une victoire à la Pyrrhus. Qu'importe ! C'était une victoire quand même ! Alors, ne boudons pas notre plaisir, surtout en ces temps révolutionnaires ou les victoires navales étaient denrées rares pour les Français... ou alors, très paradoxalement au fil du sabre de cavalerie ! Bref, clamons le haut et fort, c'est un Gannatois qui redora le blason de la marine française.

Par la suite, Jurien de la Gravière poursuivit sa carrière comme d'autres, en voguant à travers les nombreux régimes politiques qui affleurèrent à la surface de cette mer houleuse que fut le 19ème siècle. Il fut ainsi mandaté par Louis XVIII pour installer un nouveau gouverneur à la tête de l'île Bourbon. Il l'atteignit alors que Napoléon était revenu pour Cent jours. Le savait-il alors ? Il revint en métropole. Waterloo était déjà loin. Napoléon aussi. Peut-être même avait-il croisé lors de son voyage retour une armada britannique escortant le Northumberland faisant route vers Sainte-Hélène.

Jusqu'à sa mort, le vent porta le marin dans maintes escales : au Brésil, dans les Antilles et pour finir à la tête de la préfecture maritime du quatrième arrondissement. Sa carrière fut alors ponctuée de décorations et d'honneurs. Pour abréger la longue litanie de ses promotions et de ses distinctions, nous dirons simplement que le 14 janvier 1849, c'est un vice-amiral, pair de France, Grand croix de la Légion d'honneur qui s'éteint, "loin des flots de mars", dans sa résidence parisienne.

Mais Pierre Roch Jurien de la Gravière est avant tout un enfant de Gannat. Et il est bien dommage qu'à l'instar des généraux Rabusson et Sauret il n'y ait pas de rue à son nom.

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