Gabriel Delarue (4)

Bonjour à toutes et à tous.

 

 

Aujourd'hui, dernier volet sur cette personnalité emblématique de Gannat : Gabriel Delarue. Nous avons évoqué sa jeunesse, sa formation et son engagement politique. Reste à expliquer l'attachement de la ville à ce personnage : l'héritage légué aux Gannatois. Certes il ne fut pas le seul bienfaiteur de la cité comme nous le verrons ultérieurement. Mais le legs culturel et mobilier  qu'il a transmis à ses administrés est assez considérable. Et plutôt que de faire un long inventaire à la Prévert, je préfère vous laisser simplement découvrir le testament de l'ancien député-maire de Gannat. 

"Je lègue également à la ville tout ce que je possède en fait de livres, tableaux et objets d'art, instruments de musique, en un mot tout ce qui sera trouvé chez moi au jour de mon décès. La maison sera réparée par les soins de M. Bourdelier. A l'étage supérieur après avoir réuni par une porte les deux petites chambres on installera mes livres dans des bibliothèques fermées, l'accès en sera permis à des personnes voulant travailler qui devront se munir d'une carte d'autorisation, auprès de Président de la commission, que l'on nommera à cet effet composée du maire, de deux directeurs de nos Ecoles, de mon ami Tardy et de deux conseillers municipaux. (...)

Je laisse également à la ville toute ma musique qui sera fermée dans une bibliothèque spéciale. Si par la suite il se fonde à Gannat une société de quatuors ou une symphonie sérieuse, ces sociétés pourront se servir de cette musique en empruntant pas plus de trois morceaux à la fois qu'elles devront rendre en bon état. Mes violons seront ainsi que mes archers [sic] placés dans une vitrine comme cela se fait pour ces instruments. (...)

Je laisse également un nombre de photographies fort belles, elles sont l'oeuvre de mon ami Trouillebert. On fera faire des albums fermés et on pourra les voir le dimanche où elles seront mises à la disposition de personnes travaillant le dessin qui ne pourront pas les emporter.

Je laisse également de très nombreux portraits gravés. (...)

Mes livres seront également classifiés par ordre de matières, ils seront mis dans les trois chambres du haut, dans la mienne on abattera [sic] la cloison qui est derrière le lit. Il sera mis une table et des sièges et l'on fera du feu en hiver quand il y aura des travailleurs.

Mes tableaux seront disposés dans les pièces du Rez-de-chaussée et du premier qui seront tendues d'un papier gris uniforme.

Le bas de la maison sera tendu également d'un papier uniforme, les pepiers sombres enlevant la lumière.

Pour ces tableaux, il sera peut-être possible d'agrandir mon atelier en y joignant la grange soit de construire un peu plus loin un édifice rectangulaire dans le jardin éclairée [sic] par le nord qui servirait de musée".

 

 

On le voit, Gabriel Delarue était un homme épris de culture. Mais c'était aussi un homme qui désirait que chacun puisse y accéder. Son objectif est aujourd'hui en partie atteint : son jardin est devenu public pour le plaisir de tous (surtout des enfants et des mélomanes qui pouvaient écouter de la musique autour du kiosque), le pavillon abrite des expositions régulières, la médiathèque dont une salle a été spécialement aménagée garde les ouvrages du donateur. 

B.A.

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