Gabriel Delarue (3)

Bonjour à toutes et à tous.

Reprenons notre biographie de Gabriel Delarue et penchons-nous plus particulièrement sur son activité municipale.

En tant que maire de Gannat, Gabriel Delarue s'inscrit de lui-même dans la lignée de ses prédécesseurs, Frenaye et Rantian. Au premier, qu'il appelle "le maire de la Révolution", il rend hommage dans ses "fameuses pages de la Révolution française à Gannat". Du deuxième, il dresse un vibrant panégyrique lors de l'inauguration de la place qui porte désormais son nom. Du reste, ce même 14 juillet 1892, ce ne sont pas moins de quatre places qui sont rebaptisées dans la commune : les places Rantian, donc, mais également des Etiveaux, Adrian (tous deux anciens maires) et madame Arnaud. Mais pourquoi cette admiration pour ces peronnalités de Gannat et en premier lieu Frenaye et Rantian ? Parce que "ce sont des personnalités ayant appartenu au parti républicain". Or Delarue est un républicain passionné. Si vous lisez son opuscule intitulé La Révision de la Constitution, vous vous en rendrez compte.

Mais comment le maire d'une petite cité provinciale peut-il matérialiser cet amour de la République ? En créant des écoles ! Celle des garçons, d'abord, actuelle école Jean Jaurès, terminée en 1897. Celle des filles, ensuite, actuelle école Pasteur, terminée après sa mort. Pour le député-maire, l'école est primordiale pour affermir le nouveau régime et surtout pour éclairer les futurs citoyens. D'ailleurs, il ne ratait pas, à l'occasion des remises des prix, de vanter dans ses discours la République et l'idéal de Fraternité. Sans doute avaient-ils la teneur de cet extrait tiré de La Révision de la Constitution: « Mes enfants, il faut vous aimer les uns les autres ; quand vous aurez besoin de vos amis, de vos voisins, vous devrez vous venir en aide : il faudra toujours faire le bien : aimer votre pays : vous deviendrez ainsi de bons citoyens et de bons républicains en vous inspirant toujours de la véritable maxime républicaine, la Fraternité. »

Et pour ce passionné de la République, l'Histoire devait tenir une place majeure dans l'enseignement. C'est pour cela qu'il se penchait sur celle de sa cité et qu'il proposa à ses concitoyens (car il n'y a pas d'âge pour apprendre) une conférence sur la Révolution à Gannat.

La mémoire toujours. Celle des hommes illustres, on l'a vu plus haut. Mais celle aussi des sans grades, des inconnus morts en 1870. Gannat est ainsi l'une des rares municipalités française à faire ériger une "lanterne aux morts". L'oeuvre de Coulon représente une allégorie de la patrie en pleurs sur le visage de laquelle se devine un voile de deuil.

Cependant, l'oeuvre d'un maire doit également être celle des grands travaux. Surtout que Delarue fut le maire du passage au 20ème siècle. Il fallait donc que la ville se modernisât. On a évoqué plus haut les cérémonies de dépôt de plaques sur certaines places de la ville. Cela est en fait le signe d'un remaniement et d'une modernisation de la voierie municipale.

Autre grand oeuvre :le perré de l'Andelot le long de la route de Vichy (actuelle avenue Jean Jaurès).

Surtout, tou au long du 19ème siècle s'est posé le problème de l'exiguité du foirail qui accueillait les foires agricoles. Il fallait donc un espace plus vaste. Ce sera le Champ de foire. C'est là, qu'à partir de 1904, se tiendront le deuxième samedi du mois toutes les foires de Gannat. L'oeuvre n'est toutefois pas à mettre en totalité à l'actif de Delarue. Tout a commencé par l'achat du "pré Guillois" par la municipalité en 1844. Mais c'est bien lui qui y mettra un point final.

Cette action en faveur des foires agricoles illustre également l'intérêt du maire de Gannat pour le monde agricole. Si au niveau national il s'engageait en faveur de la création d'un crédit agricole, il encourage, à l'échelon local, les sociétés mutuelles et les syndicats agricoles.

B. A.

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