François de Fontanges (3)

Bonjour à toutes et à tous. 

Voici donc la suite et la fin de la biographie du vicomte François de Fontanges, Gannatois émigré dans les colonies antillaises.

De retour à Saint-Domingue, le vicomte de Fontanges prend les fonctions de gouverneur en résidence aux Cailles dans le sud de l'île. Il y retrouve également sa vie de propriétaire aux Gonaïves. En 1782, il épouse une jeune créole, Mademoiselle Caroline Le Febvre, fille d'un capitaine des milices de Saint-Domingue. Elle lui donnera un fils deux ans plus tard, Amable de Fontanges. Une époque d'accalmie donc, avant la flambée révolutionnaire.

 

 

Car les évènements métropolitains de 1789 ne tardent pas à rattraper les colonies antillaises. Dans la nuit du 22 au 23 août 1791, les Noirs de l'île, esclaves et affranchis, se révoltent. Ils revendiquent la liberté et l'égalité des droits avec les citoyens blancs. C'est le début d'une guerre complexe et cruelle. En effet, l'Angleterre et l'Espagne espèrent bien profiter des troubles pour prendre le contrôle des possessions françaises. Dans ce but, les Espagnols offrent leur aide aux révoltés, parmi lesquels Toussaint Louverture. Mais dans le même temps, ils accueillent dans leurs rangs ceux des colons français qui refusent les idées révolutionnaires, dont François de Fontanges fait partie et qui obtient le grade de maréchal-de-camp dans l'armée espagnole. C'est là que se joue un drame qui scelle le destin du vicomte dans la future Haïti.

Alors que Toussaint Louverture alors brigadier général de sa Majesté Catholique, autrement dit le roi d'Espagne, avance vers les Gonaïves, il demande une escorte d'honneur à M. de Fontanges. Quoi que servant dans le même camp, le vicomte recommande au chef de l'escorte nommé Hileret de faire preuve de la plus grande prudence. Hélas, Fontanges n'avait que trop raison. Sitôt arrivé au contact des partisans de Louverture, c'est la curée. Tous les blancs de l'escorte sont massacrés de la plus cruelle manière. Le héros noir avait donc changé de camp et rallié celui de la Révolution. Le vicomte de Fontanges est contraint de quitter l'île.

Passant de la Jamaïque à l'Angleterre, on le retrouve en Espagne en 1795 auprès de laquelle il décide de servir à nouveau contre la République puis l'Empire. Mais il est fait prisonnier en 1808.

Sa fidélité aux Bourbons est finalement récompensée en août 1814 lorsque Louis XVIII le nomme dans la première promotion des lieutenants-généraux de son règne. Deux ans plus tard, le vicomte a de nouveau l'occasion de revoir "les côtes et îles de Saint Domingue en l'Amérique sous le vent". Sa mission est alors de ramener l'île sous l'empire de l'ancienne métropole. Peut-être espère-t-on que le noble gannatois pourra exploiter la fraternité d'arme qui l'unit au roi d'Haïti Henri Christophe qui fit partie des 800 volontaires noirs ayant combattu à Savannah. Si la rencontre reste cordiale, le résultat se solde par un échec. Les dignitaires Haïtiens déclarent qu'ils sont déterminés à faire tous les sacrifices pour conserver une indépendance acquise dans le sang.

 

 

De retour en métropole, le vicomte est tout de même nommé commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il meurt deux ans plus tard, à Montluçon, en terre bourbonnaise où il avait vu le jour.

 

B.A.

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