Florilège de textes sur le 11 novembre.

Bonjour à toutes et à tous.

Aujourd'hui, 11 novembre, je vous propose un petit florilège de textes sur ce jour qui mit enfin un terme à l'un des conflits les plus meurtriers de l'histoire de l'humanité. Bien évidemment, il n'a rien d'exhaustif... loin s'en faut. Et d'ailleurs, si vous même connaissez des textes évoquant le 11 novembre, n'hésitez pas à nous les faire partager. Ainsi, les témoignages abondent, les récits sont légion... Mais, c'est un peu une façon de rendre hommage à ces Poilus qui ont souffert dans ces tranchées miteuses, humides, froides dans des conditions dignes du plus infect des cercles des Enfers de Dante. 

Alors, célébrons cette date symbolique où l'on a fini "d'assassiner des hommes" pour reprendre la réplique d'un des personnages des Croix-de-Bois de Roland Dorgelès. Et tous à vos oeillets.

B.A.

Le Figaro du mardi 12 novembre 1918.

La Défaite de l'ennemi.

Au cinquante-deuxième mois d'une guerre sans précédent dans l'Histoire, l'Armée française, avec l'aide de ses Alliés a consommé la défaite de l'ennemi. 

Nos troupes animées du plus pur esprit de sacrifice, donnant pendant quatre années de combats ininterrompus l'exemple d'une sublime endurance et d'un héroïsme quotidien, ont rempli la tâche que leur avait confiée la Patrie.

Tantôt supportant avec une énergie indomptable les assauts de l'ennemi, tantôt attaquant elles-mêmes et forçant la victoire, elles ont, après une offensive décisive de quatre mois, bousculé, battu et jeté hors de France la puissante armée allemande et l'ont contrainte à demander la paix.

Toutes les conditions exigées pour la suspension des hostilités ayant été acceptées par l'ennemi, l'armistice est entré en vigueur aujourd'hui, à onze heures.

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Paroles de Poilus. Lettres et carnets du front 1914-1918. 

Lundi 11 novembre

Ma chère maman, 

Ce matin, de bonne heure, les autos américaines et françaises qui défilent sur la route à cent mètres de notre installatsion arborent des drapeaux.

Et à 11 heures, nous apprenions à la fois la signature de l'armistice, la fuite du vieux bandit et la révolution en Bochie. Et toutes les cloches des villages voisins sonnent de joyeux carillons cependant que le canon a cessé de tonner et que le soleil (de la fête aussi) fête l'été de la Saint-Martin et la fin de la guerre.

Te dire notre joie à tous est impossible. Ma première pensée a été pour ceux que j'aime, pour toi, ma chère vieille maman, qui vas retrouver ton pays redevenu français. J'ai jeté un regard sur les Vosges qui se profilent devant nous; les deux versants en sont français maintenant, et pour toujours !!

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Les Croix-de-Bois de Roland Dorgelès.

C'est un grand tropeau hâve, un régiment de boue séchée qui sort des boyaux et s'en va par les champs, à la débandade. Nous avons des visages blafards et sales que la pluie seule a lavés. On marche d'un pas traînant, le dos voûté, le cou tendu.

Arrivé sur la hauteur, je m'arrête et me retourne pour voir une dernière fois, emporter dans mon âme l'image de cette grande plaine couturée de tranchées, hersée par les obus, avec les trois villages que nous avons pris : trois morceaux de ruines grises.

Comme c'est triste, un panorama de victoire ! La brume en cache encore des coins sous son suaire et je ne reconnais plus rien, sur cette vaste carte de terre retournée. Les Trois-Chemins, la ferme, le Boyau-Blanc, tout cela se confond; c'est la même plaine, usée jusqu'à la trame de marne blanche, une lande anéantie, sans un arbre, sans un toit, sans rien qui vive, et partout mouchetée de taches minuscules : des morts, des morts...

- Il y a vingt mille cadavres boches ici, s'est écrié le colonel, fier de nous.

Combien de Français ?

Il a fallu tenir dix jours sur ce morne chantier, se faire hacher par bataillons pour ajouter un bout de champ à notre victoire, un boyau éboulé une ruine de bicoque. Mais je puis chercher, je ne reconnais plus rien. Les lieux où l'on a tant souffert sont tous pareils aux autres, perdus dans la grisaille comme s'il ne pouvait y avoir qu'un même aspect pour un même martyre. C'est là, quelque part... l'odeur fade des cadavres s'efface, on ne sent plus que le chlore, répandu autour des tonnes d'eau. Mais, moi, c'est dans ma tête, dans ma peau que j'emporte l'horrible haleine des morts. Elle est en moi, pour toujours : je connais maintenant l'odeur de la pitié.

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A l'Ouest, rien de nouveau de H. M. Remarque.

Je vous invite à vous connecter au lien suivant ( www.lepost.fr ) où vous trouverez un florilège d'extraits  et de bandes-annonces de films traitant de la Première Guerre mondiale. Vous y trouverez notamment l'ultime scène de l'adaptation du roman de Remarque. C'est le dernier jour de la guerre... un papillon... un soldat allemand... un tireur d'élite français... et "la puissante armée allemande" qui se retire la tête basse.


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