L'Or de Blaise Cendrars.

Bonjour à toute et à tous.

Il est des destins sinon teintés d'ironie, au moins vécus sous le signe du paradoxe. Celui que raconte Cendrars dans l'Orest de ceux là. Imaginez un homme, quasiment sans ressources hormis celles de l'ingéniosité et de la volonté, migrant, fuyant toujours plus loin, à l'ouest, toujours plus à l'ouest, en Californie. Là, il prend possession de terres quasi incognita, les met en valeur, en fait un paradis agricole si bien qu'il devient bientôt l'un des hommes les plus riches de ce monde. Alors on s'extasie ! On loue le rêve américain ! On envie le self made man ! Et puis, voilà que l'on découvre de l'or sur ses terres.

On est en 1848. La Californie ne serait qu'un No man's land sans Johann Sutter. Mais l'or ! L'or et son pouvoir d'attraction ! L'or et la fascination qu'il exerce ! Notre héros le comprend tout de suite : l'or c'est sa ruine. Car il sait pertinemment que ce métal va attirer sur son domaine des cohortes prodigieuses, des divisions cupides, des armées de sauterelles avides sans foi ni loi qui vont s'abattre sur son domaine. La prospection en Californie, ce sera l'anarchie et par là même la destruction de son paradis, sa Petite Helvétie.

Et effectivement, pour Johann Sutter commence une descente aux enfers où il tentera vainement, jusqu'au bout de faire valoir ses droits. Mais il est seul ou presque, ayant fait venir ses enfants depuis sa lointaine contrée de Bâle, alors qu'eux,  ces brigands, ces prospecteurs, ces pilleurs sont si nombreux. Sutter descend, descend, au point de retrouver sa vieille compagne, la pauvreté. Puis il devient l'objet des escrocs, des sectaires et des railleurs... pauvres vieux fou qui prétend avoir été l'homme le plus riche du monde. Re gardez-le ! Mais regardez-le donc !

C'est donc à ce destin hors-norme que s'est attaché Blaise Cendrars dans ce roman. Un roman avec ses fulgurances poétiques propre à l'auteur baroudeur. Car certains chapitres ne sont ni plus ni moins que de poèmes intégrés au récit.

"Rêverie. Calme. Repos.

C'est la paix.

Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. : 

c'est l'or !

Le rush.

La fièvre de l'or qui s'abat sur le monde.

La grande ruée de 1848, 49, 50, 51 et qui durera quinze ans.

SAN FRANCISCO !"

Alors si vous désirez redécouvrir ces pionniers qui abandonnèrent tout derrière eux pour braver les immensités périlleuses nord américaines ou le non moins dangereux et paludéen isthme centre américain ou le non moins hasardeux cimetière marin de l'extrême méridion sud américain afin de recueillir dans leurs mains quelques onces d'or fin, alors, plongez dans l'Or de Cendrars.

Et puis, en guise de prolongation, n'hésitez pas à voir ou revoir l'inénarrable Pale Rider de et avec Clint Eastwood. Excellent western sur fond de ruée vers l'or...

Bonne lecture et bon film...

 

 

B.A.

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