L'ambulance 13

Bonjour à toutes et à tous.

En ces temps là, dévasté et lunaire, le bois des Caures n'offrait plus au regard qu'un décor de corps mutilés. En ces temps là, l'humanité s'étripait dans les boyaux de Verdun, se noyait dans les vagues d'assaut mortelles de la Somme, s'épuisait dans les charges pathétiques du Chemin des Dames. Pourtant, une étincelle de vie subsistait au milieu des éclats d'obus. Un îlot d'humanité submergeait au coeur de cet océan de mort et d'absurdité. Une espérance : l'ambulance 13.

Au milieu des combats, au plus près des combattants, l'aspirant médecin Bouteloup et son équipe opèrent, suturent, amputent, tranchent... et parfois l'aumônier Bolet donne l'extrême onction... Une extrême onction qui peut apparaître pour certains comme une délivrance au milieu de cet enfer. Une extrême onction plus douce que la survie. Car parfois, sauver, c'est  faire un indigent. Car parfois, soigner, c'est signer un billet de retour aux tranchées, pour la guerre, pour l'enfer. 

Autant dire que rien ne l'avait préparé à cela, le jeune aspirant Bouteloup. Ni les travaux pratiques de la faculté, encore moins l'école d'officier dont la rigide imprégnation se heurtera rapidement aux circonstances.

C'est donc à sa suite que nous découvrons le carnage, l'hécatombe, le sacrifice de ces milliers d'hommes tombés au champ d'horreur. Une horreur déjà si insupportable qu'elle se suffirait à elle-même. Mais il y a l'arrière et son indécence, les politiques et leurs calculs et les "huiles" si économes du matériel  et si peu des hommes. Voilà, en sus des Allemands, tous ces ennemis que l'aspirant Louis-Charles Bouteloup aura à affronter. D'ailleurs, ces gamins qui lui font face sont-ils vraiment ses ennemis ? Car après tout, pour reprendre la phrase de Paul Valéry citée en exergue du dernier chapitre du livre :"La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas."

Mais rassurez-vous. En bon héros, Louis a aussi des amis. Son équipe d'abord. Des infirmiers au tempérament si distincts et si Otto Dix, Lichtsignale trempés, de qui il saura se faire respecter et... admirer sans doute aussi. Emilie, la dessinatrice de Montparnasse. Mademoiselle de Ferlon qui s'est donnée à Dieu afin de servir et sauver les hommes. Lorraine, sa soeur... Et puis, au milieu du carnage surnage l'humour... celui qui sauve, celui qui aide à tenir. Le vocabulaire imagé des tranchées et des artistes parisiens de la Belle-Epoque. Les apparitions furtives comme autant de clins d'oeil des ces personnages célèbres qui ont traîné leurs godillots dans la glaise des tranchées, Gandhi, Hemingway, Apollinaire...

Un roman à mettre entre les mains de ceux qui n'ont que peu entendu parler de cette atroce "guerre civile" européenne. Un roman à mi-chemin des Croix de Feu ou d' A l'ouest rien de nouveau et de la Chambre des officiers. Sans doute n'a-t-il pas la force vécue des Dorgelès, Barbusse, Remarque ou des tableaux de Dix... Mais il remet les idées en place. 

B.A.

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