Blog

Catalina la terrible

Bonjour à toutes et à tous.

Le déherbage. Voilà un mot imagé qui, dans le vocable bibliothécaire, signifie sortir des rayons des ouvrages abîmés, usagés, périmés... Dans le pire des cas, le pilon - qui est au livre ce que le billot est au condamné à mort - attend ces pauvres déclassés. Mais avant, comme un ultime recours, comme un ultime sursaut de pitié, comme une ultime tentative de rachat, les bibliothécaires miséricordieux déposent ces pauvres réprouvés dans un coin avec cette pancarte : "servez-vous". Il ne faut pas me le dire deux fois. Je furète. Je farfouille. Et, de temps à autres, je trouve.

C'est ainsi que j'ai récupéré Catalina la terrible de Pierre Gaspard-Huit. Un livre qui a vécu si j'en juge par la couverture racornie. Mais qu'importe, après tout, le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse (merci à Alcofribas Nasier pour cette maxime métaphorique... même si dans la bouche du pantagruélique écrivain, cela n'avait peut-être rien de métaphorique). Et à en juger par la mise en bouche de la quatrième, l'invitation à la lecture était alléchante.

A cause de cet audacieux oxymore d'abord : "la nonne conquistador". Une religieuse parmi les aventuriers du Nouveau Monde peu réputé pour leur manières angéliques ? Bizarre... Et puis tout le reste ensuite... Autodafés... tempêtes... Amériques... mines d'argent (non ! non ! ce n'est pas Candide).

Et je n'ai pas été déçu. Un vrai roman d'aventure. Du picaresque à l'état pur où l'on suit la jeune Catalina de Erauso, novice fugueuse et travestie à travers l'Espagne, l'ex-empire Inca et même l'Italie ; où l'on rencontre les pires maroufles et bandouliers, les meilleurs acteurs, les terribles Araucans, les plus odieux colons, les plus misérables Indiens, chemineaux et meurt-la-faim, mais aussi les grands de ce monde, Philippe IV d'Espagne et Sa Sainteté Urbain VIII ; bref, où l'on croise sans cesse la mort et la fortune.

Un roman aux incroyables et improbables péripéties donc. Incroyables ? Improbables ? Pourtant dès le début l'auteur tient à nous informer que ce récit est une histoire vraie, celle de Catalina de Erauso, que l'Espagne a connu sous le nom de la "monja Alférez". Alors, fiction ou réalité ? Peut-être faut-il alors penser comme Gaspar de Guzman qui s'écrie : "credo quia absurdum !", "Je le crois parce que c'est insensé!".

En tout cas, ce roman (vrai?) ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer. 

Et puis, j'ajouterais que les expressions parfois un tantinet désuètes voire coruscantes donnent encore plus de saveur au texte. C'est donc ainsi que s'achève mon billet et que je m'en retire "la barbe sur l'épaule".

B.A.

Réagir à cet article.

Les chevaliers à Gannat (2).

Bonjour à toutes et à tous.

Pour agrémenter le dernier billet du blog, deux petites vidéos. La première, celle d'un duel chorégraphié par deux acteurs de la troupe l'Armutan ;  la seconde, un court extrait du groupe de ménestrels Dayazell. Ménestrel... ne dirait-on pas là un nom de petit passereau guilleret et enchanteur, comme un mélange de rossignol, de mésange et de tourterelle. Pardon. Mon esprit divague.

B.A.

Les chevaliers à Gannat.

Bonjour à toutes et à tous.

Hier soir, les chevaliers et la piétaille sortis du fond des âges médiévaux étaient donc au parc Delarue pour nous faire apprécier un spectacle  à la fois drôle, physique, musical et pyrotechnique. Et nombreux furent les Gannatois venus voir en famille les exploits militaires et burlesques des comédiens de la troupe Armutan et musicaux du groupe Dayazell. Et force est de constater, à entendre les rires et les encouragements de tous que ce petit spectacle a plu au plus grand nombre... petits et grands. 

En tant que parent, il ne reste plus qu'à espérer que les enfants ne se prendront pas pour des chevaliers de la table ronde guerroyant entre eux à grands coups de bouts de bois. Ou pour des Robin des Bois en herbe essayant de percer une pomme sur la tête de leur petit frère. Comment, ce n'est pas Robin des Bois mais Guillaume Tell ? C'est vrai, mais Dieu merci, une arbalète est tellement plus difficile à dénicher.

B.A.

 

 

Réagir à cet article.

cartes virtuelles.

Bonjour à toutes et à tous.

Certains d'entre vous le savent déjà mais vous pouvez désormais envoyer, à partir de ce site, des cartes virtuelles. Celles-ci vous permettront de faire découvrir certains aspects de notre ville et de notre région à vos amis, proches, parents... N'hésitez pas à venir y piocher, c'est un service gratuit.

Accès aux cartes virtuelles : cliquez ici.

B.A.

Zen poèmes

Bonjour à toutes et à tous.

Il est des livres dont on regrette qu'ils ne soient pas au format poche. De ces livres qu'on aime prendre et reprendre, les user à force de les lire et les apprendre à force de les user. Zen poèmes est de ceux là. Il s'agit d'une petite anthologie de poèmes ou d'extraits de poèmes de tous horizons. Bien-sûr on y retrouve les maîtres du haïku... mais pas que. On y trouve aussi des petits proverbes des Indiens d'Amériques, des poèmes de la "Beat generation" et même Verlaine.

Car la poésie zen telle qu'elle envisagée ici n'appartient pas qu'à la seule littérature japonaise. C'est avant tout l'évocation des saisons, le livre est d'ailleurs divisé en chapitres correspondant à chacune d'entre elles, en de courtes allusions imagées, humoristiques et sensibles, légères comme les ailes d'un papillon, odoriférantes comme les fleurs du cerisier. Et quand au détour d'un haïku, c'est tout un tableau impressionniste qui vous est donné à voir, alors, oui, vous regrettez de ne pas pouvoir avoir ce petit livre sur vous pour lire et relire ces petites perles poétiques et vous évader le temps de quelques vers.

D'ailleurs, au moment où je lisais ce florilège dans le jardin, la météo a brusquement changé. Du coup, emporté par l'euphorie des poètes de ce recueil, je me suis risqué  à composer un petit poème, moi aussi. Ce n'est pas très académique, mais j'espère que vous me pardonnerez.

 

Un orage d'été tonne

Des gouttes météorites

Libèrent en cratères de pluie

Une odeur de terre mouillée

B.A.

Réagir à cet article.

Anhumalité.

Bonjour à toutes et à tous.

En ouvrant ma page web ce matin, j'ai été comme à chaque fois assailli de photos et de titres accrocheurs vomissant les derniers soubresauts d'une actualité trop souvent dramatique, pathétique voire dérisoire. Actualité de surcroît commentée par des blogueurs-citoyens dont la pertinence des remarques n'a d'égale que la qualité ortografik (oups!). 

Et puis, au milieu du maelström, une capture d'écran. La robe blanche d'un étalon que chevauche une écuyère au port grâcieux. Près d'eux, dansent deux femmes ne cédant en rien à l'élégance de la cavalière. Un clic. J'aurais dû m'en douter... Il s'agit du nouveau spectacle de Bartabas. 

Un de ces spectacles où l'animalité se confond avec l'humanité. Une anhumalité en quelque sorte. Mais attention. Rien de cette bestialité qui font parfois les gros titres de cette presse que j'évoquais plus haut. Non, de la poésie à l'état pur, de la poésie charnelle. Le cheval se fait danseur. Le cavalier centaure. Le danseur animal. Personnification. Mythologie. Réification. De la poésie... et ça fait un bien fou dans ce contexte plein de morosité. 

De plus, quittant l'écrin de la Grande Ecurie du Château de Versailles, la troupe de Bartabas a eu la bonne idée de monter son spectacle à Bruay-la-Buissière. Le pays minier. Les corons. Les gueules-noires... territoire voué aux gémonies depuis quelques temps. Mais sans ce territoire, il n'y eut pas eu de développement, pas eu de Trente Glorieuses. Alors oui, toutes ces entreprises qui cherchent à réhabiliter le bassin minier sont les bienvenues. Il faut défricher les friches ! 

Et puis, d'une certaine façon, je ne puis m'empêcher de penser à ces chevaux du fond du trou, rendus aveugles à force de ne La descente d'un cheval au fond de la mine plus voir le jour. En mettant ainsi la plus belle conquête de l'homme en pleine lumière, Bartabas rend un magnifique hommage à ces animaux qui ont eux aussi payé un lourd tribut à l'aventure minière.

Si vous ne connaissez pas l'Académie équestre de Versailles : cliquez ici.

Sur le spectacle présenté à Bruay la Buissière : cliquez ici.

B.A.

Réagir à cet article.

L'ambulance 13

Bonjour à toutes et à tous.

En ces temps là, dévasté et lunaire, le bois des Caures n'offrait plus au regard qu'un décor de corps mutilés. En ces temps là, l'humanité s'étripait dans les boyaux de Verdun, se noyait dans les vagues d'assaut mortelles de la Somme, s'épuisait dans les charges pathétiques du Chemin des Dames. Pourtant, une étincelle de vie subsistait au milieu des éclats d'obus. Un îlot d'humanité submergeait au coeur de cet océan de mort et d'absurdité. Une espérance : l'ambulance 13.

Au milieu des combats, au plus près des combattants, l'aspirant médecin Bouteloup et son équipe opèrent, suturent, amputent, tranchent... et parfois l'aumônier Bolet donne l'extrême onction... Une extrême onction qui peut apparaître pour certains comme une délivrance au milieu de cet enfer. Une extrême onction plus douce que la survie. Car parfois, sauver, c'est  faire un indigent. Car parfois, soigner, c'est signer un billet de retour aux tranchées, pour la guerre, pour l'enfer. 

Autant dire que rien ne l'avait préparé à cela, le jeune aspirant Bouteloup. Ni les travaux pratiques de la faculté, encore moins l'école d'officier dont la rigide imprégnation se heurtera rapidement aux circonstances.

C'est donc à sa suite que nous découvrons le carnage, l'hécatombe, le sacrifice de ces milliers d'hommes tombés au champ d'horreur. Une horreur déjà si insupportable qu'elle se suffirait à elle-même. Mais il y a l'arrière et son indécence, les politiques et leurs calculs et les "huiles" si économes du matériel  et si peu des hommes. Voilà, en sus des Allemands, tous ces ennemis que l'aspirant Louis-Charles Bouteloup aura à affronter. D'ailleurs, ces gamins qui lui font face sont-ils vraiment ses ennemis ? Car après tout, pour reprendre la phrase de Paul Valéry citée en exergue du dernier chapitre du livre :"La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas."

Mais rassurez-vous. En bon héros, Louis a aussi des amis. Son équipe d'abord. Des infirmiers au tempérament si distincts et si Otto Dix, Lichtsignale trempés, de qui il saura se faire respecter et... admirer sans doute aussi. Emilie, la dessinatrice de Montparnasse. Mademoiselle de Ferlon qui s'est donnée à Dieu afin de servir et sauver les hommes. Lorraine, sa soeur... Et puis, au milieu du carnage surnage l'humour... celui qui sauve, celui qui aide à tenir. Le vocabulaire imagé des tranchées et des artistes parisiens de la Belle-Epoque. Les apparitions furtives comme autant de clins d'oeil des ces personnages célèbres qui ont traîné leurs godillots dans la glaise des tranchées, Gandhi, Hemingway, Apollinaire...

Un roman à mettre entre les mains de ceux qui n'ont que peu entendu parler de cette atroce "guerre civile" européenne. Un roman à mi-chemin des Croix de Feu ou d' A l'ouest rien de nouveau et de la Chambre des officiers. Sans doute n'a-t-il pas la force vécue des Dorgelès, Barbusse, Remarque ou des tableaux de Dix... Mais il remet les idées en place. 

B.A.

Contes en pyjama.

Bonjour à toutes et à tous.

Belle reprise pour la saison des contes en pyjama à la médiathèque de Gannat. Plus d'une vingtaine d'enfants des écoles maternelles et primaires de Gannat étaient présents au rendez-vous. Un rendez-vous avec le pauvre chevalier qui avait peur du noir et les p'tites poules qui sont parties courageusement en compagnie de Lancelot pour occire le vilain basilic... Des rires, du plaisir, un peu d'interactivité, de l'écoute et, nous l'espérons tous, de beaux rêves.

N'hésitez plus : inscrivez-vous avec vos enfants pour la prochaine soirée des contes en pyjama jeudi prochain à 19 h 45.

B.A.

La guerre des trois Henri

Bonjour à toutes et à tous.

 

Il est un talent que j'admire et que je jalous particulièrement (je l'avoue...) : celui de rendre l'Histoire vivante. Aussi, me plonger dans un roman historique me procure-t-il un véritable plaisir, surtout quand il permet d'appréhender les événements majeurs de notre Histoire.

Or, l'alchimie entre fiction et réalité est particulièrement réussie dans ces trois tomes relatant du conflit entre les trois Henri (Henri III, roi de France, Henri de Navarre, futur Henri IV et Henri de Guise, le balafré) dans ce triste contexte des guerres civiles qui déchirèrent le Royaume de France à la fin du 16ème siècle.

Bien sûr, l'auteur ne nie pas qu'il s'agisse d'une fiction. Au contraire, il le rappelle dans une petite annexe intitulée malicieusement "la part de vérité...". 

Qu'importe donc, si les petites libertés. La grande Histoire ne s'en trouve pas offensée et le lecteur prend plaisir à suivre les pérégrination des personnages tout en s'immergeant de manière vivante dans les intrigues si complexes de cette période dramatique.

Tout cela est donc riche de rebondissements. Palpitant, terrifiant, initiatique... Une fresque historique comme on les aime.

Alors, n'hésitez pas à découvrir les aventures d'Olivier, de Nicolas et de Cassandre qui ne sont peut-être pas ce que l'on croit... Suivez les dans les tourments des guerres de Religion, dans les tourments de la guerre des Trois Henri. Mordiou !

Trois tomes : - Les rapines du duc de Guise.

                         - La guerre des amoureuses.

                         - La ville qui n'aimait pas son roi.

B.A.

Contes en pyjama.

Bonjour à toutes et à tous.

Pour la troisième année consécutive, la médiathèque de Gannat organise cette heureuse et charmante initiative : 

"les contes en pyjama"

Le principe en est simple : des adultes viennent lire des contes et des histoires à des enfants baignés (ou douchés, les bibliothécaires ne sont pas sectaires...), aux dents brossées et vêtus de leur plus beau pyjama...

Les thèmes retenus cette année par les lecteurs sont "les chevaliers" (Montjoie !), "Nounours, doudous et bisous" (bonne nuit les petits...), "Oiseaux, oisons et oisillons" (chante, rossignol chante...), "Bonbons, gâteaux et chocolat" (mmmmh !!!) et "Il était une fois..." (dans l'ouest ? Ah! non, pas d'histoires de cow boy cette fois-ci). De quoi passer une bonne nuit pleine de rêves de princes charmants, de douceurs, de fantaisie, pour tous les petits auditeurs qui passeront à la médiathèque les soirs "des contes en pyjama".

Quand ? Les jeudis 19 et 26 mai, puis 9, 16 et 23 juin à partir de 19 h 15.

Où ? Dans la salle jeunesse de la médiathèque de Gannat.

Hélas, la place n'est pas extensible... aussi faudra-t-il vous inscrire auprès du personnel de la médiathèque. Par téléphone : 04 70 90 38 41.

B.A.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site